Communiqué de l’équipe du Lycée Autogéré de Paris en soutien aux inculpé.e.s du 8 décembre

Depuis le 8 décembre 2020, sept personnes sont inculpées et cinq sont toujours détenues dans plusieurs maisons d’arrêt d’île-de-France pour association de malfaiteurs à caractère terroriste, sans que les charges retenues contre elleux soient clairement définies.
Les membres de l’équipe du LAP dénoncent cet abus de pouvoir et appellent à la libération de toustes les prisonnier.es.

Depuis la loi du 4 janvier 1993, le droit français n’utilise plus le terme «d’inculpé.e». Pour souligner l’importance donnée à la présomption d’innocence l’institution judiciaire parle à la place de «mis.e en examen».

L’article 6 de la convention européenne des droits de l’homme affirme ce principe : «Toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie».

Pourtant l’infraction d’association de malfaiteurs terroristes reprise dans la loi de 1996 s’accorde mal avec ce principe. En effet, en étant poursuivi.e de «participation à une association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ayant pour objet la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes» (AMT), les soupçons servent à incriminer.

Le blogger Maître Eolas le confirme. Il cherche en vain une décision d’acquittement parmi les centaines de mise en examen dans le cadre d’une AMT.

De plus, la loi définie par l’article 450-1 du Code pénal sert de fourre-tout et l’anti-terrorisme permet de poursuivre et réprimer les luttes sociales : affaire Tarnac, militant.e.s accusé.e.s pour de la mousse expansive dans les bornes de validation du métro rennais, poursuites parmi les anti-nucléaires à Bure suite aux dégradations de l’hôtel-restaurant de l’Andra…

Le 8 décembre 2020, c’est au tour de neuf personnes de se retrouver inculpées dans un coup de filet anti-terroriste : arrestations à l’aube, gardes à vue de 96h, interrogatoires sans relâche, tête encagoulée pour les déplacements, perquisitions, prison préventive avec régime spécial et deux gardiens assignés par détenu… L’arsenal est impressionnant et violent.

Puisque c’est une intention prêtée à ce que la police présente comme un groupe «d’ultra-gauche» qui est poursuivie, les éléments à charge ne se relient qu’à la lecture d’un récit brodé : utilisation de messageries chiffrées, retour des combats au Rojava au côté des YPG pour l’un d’entre eux, métier d’artificier pour un autre, idées anticapitalistes… Cela suffirait à démontrer les intentions violentes du groupe.

S.G. qui fait partie des 5 toujours en détention provisoire était élève au lycée autogéré de Paris il y a vingt ans. Il y affirmait ses pensées anti-autoritaires et son goût pour les groupes punks.

Nous dénonçons une utilisation abusive du régime anti-terroriste et de la détention préventive.

Nous appelons à la libération immédiate des cinq en prison et à la déqualification du caractère terroriste des poursuites.

Les membres de l’équipe du LAP – 30 mars 2021.

Soutien aux inculpé.e.s du 8 décembre 2020!

Soutien aux inculpé.e.s du 8 décembre 2020!

Publié le 24 mars 2021, Paris-Luttes.info

Depuis plus de trois mois, sept personnes sont mises en examen et cinq d’entre elles croupissent dans plusieurs prisons d’Île-de-France pour «association de malfaiteurs à caractère terroriste». Leur crime? Partager des idéaux d’émancipation et de justice sociale.

Le 8 décembre 2020 à l’aube, s’est déployé simultanément dans plusieurs villes de France un «coup de filet anti-terroriste», donnant lieu à l’arrestation et la garde à vue pendant 96h de neuf personnes, présentées comme appartenant à ce que la police et le pouvoir politique désignent comme étant «l’ultra-gauche».

Depuis le premier jour de leur incarcération les cinq détenu.e.s sont toustes DPS (détenu.e.s particulièrement surveillé.e.s), c’est-à-dire soumis.e.s à un régime de détention strict, avec son lot de brimades et de privations (rétention aléatoire des courriers et des colis, absence d’activités collectives, impossibilité d’accéder à une formation ou à un travail, déplacements obligatoirement encadrés par deux surveillants, fouille au corps après chaque parloir…)

Le terme «d’ultra-gauche» est utilisé à dessein pour servir de repoussoir, sans jamais que soient définis sérieusement son contenu politique ni ce qu’il recouvre. Il résulte d’une construction policière, médiatique et politique visant à décrédibiliser en la criminalisant toute opposition progressiste un tant soit peu radicale.

Le chef d’inculpation «d’association de malfaiteurs à caractère terroriste» peut recouvrir aussi bien des intentions que des faits, faisant fi des preuves matérielles, ici très maigres et agrégées dans le seul but de servir le récit policier. Tout laisse à penser que leur adhésion supposée à des idées anticapitalistes et antiautoritaires a généré la croyance en leur culpabilité. Ce dossier semble illustrer parfaitement le biais de confirmation qui consiste à inverser le processus de jugement, partant d’une conviction que l’on cherche à étayer à tout prix.

Des «lois scélérates» il y a plus d’un siècle au fiasco de l’affaire Tarnac, le pouvoir politique a toujours cherché à réprimer les acteurs des luttes pour l’émancipation en les faisant passer pour «terroristes», les présentant comme faisant preuve d’une violence aveugle, irrationnelle et sectaire, sans jamais interroger sa propre violence et ses conséquences concrètes dans chaque parcelle de la vie de chacun.e.

Cette affaire est fondamentalement politique, elle vise à museler toute opposition et à terroriser les acteurs des luttes tels les militant.e.s libertaires et anti-autoritaires, syndicalistes, zadistes, et tout groupe ou personne aspirant à la sortie du capitalisme et son cortège d’injustices sociales, économiques, sexistes, racistes et validistes. Elle intervient dans un contexte qui voit se lever de nombreuses voix et un front large en opposition aux lois de surveillance et de contrôle toujours plus liberticides (loi Sécurité globale, loi séparatisme, Livre blanc de la sécurité intérieure, décrets PASP…).
Ces arrestations arbitraires prennent donc place dans un agenda politique, dont le but est de criminaliser toute contestation. Elles constituent un avertissement et font planer une menace visant à nous enfermer un peu plus chaque jour dans le défaitisme, la peur et la sidération.

Cela n’arrive pas qu’aux autres, désormais chacun.e d’entre-nous peut se retrouver en détention préventive, après 96h de torture blanche.
Nous avons tou.te.s des opinions politiques et des convictions, ce n’est pas un crime.
Nous croisons tou.te.s des centaines de gens chaque année, ce n’est pas un crime.

Ne nous laissons pas impressionner et refusons de nous laisser enfoncer dans un autoritarisme chaque jour croissant et plus répressif!
Nos camarades ne doivent pas sombrer dans l’oubli, réaffirmons notre soutien aux inculpé.e.s du 8 décembre! Liberté pour toustes!
Soutien aux inculpé.e.s du 8 décembre
Comité francilien

Aujourd’hui
Cela fait maintenant trois mois et demi qu’iels sont détenu.e.s et les demandes de remises en liberté ont toutes été rejetées.
La maltraitance institutionnelle dont iels font l’objet ne vise qu’à les briser. Jusqu’ici rien n’a pu justifier la débauche de moyens mis en œuvre pour les réprimer.

Vous pouvez nous aider à mettre en lumière cette affaire :

  • en diffusant cette newsletter
  • en nous adressant des contacts intéressés par l’écriture de textes sur les lois d’exception, le traitement du terrorisme en politique intérieure, la société disciplinaire, etc.
  • en nous aidant à analyser les processus juridiques à l’œuvre

Cagnotte pour permettre aux détenu.e.s de cantiner et de payer leurs frais d’avocats : https://www.cotizup.com/soutien-8-12
Mails des comités francilien et rennais :
soutien-8dec@riseup.net
comiterennes8decembre@riseup.net
facebook.com/Comité-de-soutien-rennais-aux-inculpées-du-8-décembre-101138728633495
Blog des comités de soutien aux inculpé.e.s du 8 décembre : http://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/
Articles et émissions :
Antiterrorisme et Ultragauche : la gouvernance par la peur  | 19 février L’inculpation d’un groupe de personnes sur la base de soupçon pour « association de malfaiteurs à caractère terroriste » accompagne une opération de communication et un arsenal législatif visant à criminaliser les mouvements (…) https://lenvolee.net/taoufik-mort-a-la-prison-de-perpignan-marche-blanche-pour-jimony-mort-au-cd-de-meaux/
https://acentrale.org/journal-des-antennes/2021-02-06
https://lundi.am/Operation-antiterroriste-du-8-decembre
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/050121/repression-d-etat-nous-ne-cederons-ni-au-chantage-ni-la-peur
https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/une-spectaculaire-operation-antiterroriste-fait-pschitt-a-ustaritz-1615831712

Appel à Soutien pour les inculpéEs du 8/12

Le 8 décembre 2020, 9 personnes désignées comme membres de
« l’ultragauche » ont été arrêtées par la DGSI dans le cadre d’une
enquête pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des actes
terroristes criminels ». Aucun fait ne leur est reproché, or l’État se
permet de les priver de leur liberté sur ce qui est annoncé comme des
« soupçons » de potentiels « projets » de « dégradation de biens et
d’action violente ». Une des inculpé.e.s est rennaise, ce qui nous a
amené.e.s à créer un comité de soutien pour l’ensemble des inculpé.e.s.
2 sont actuellement sous la contrainte d’un contrôle judiciaire, 5 sont
incarcéré.e.s depuis début décembre dans des conditions qui sont celles
de l’antiterrorisme : isolement, surveillance renforcée. Dans l’attente
d’un procès, iels restent en détention provisoire.

Nous nous levons contre cette injustice, et vous appelons à nous aider à
les faire sortir de prison et à les extraire de cette situation. Nous
voyons cette affaire comme une attaque directe de tout.e.s les
militant.e.s et toutes les personnes qui contestent l’ordre établi, qui
luttent pour les libertés, la solidarité et l’entraide.
Chaque jour nous voyons l’étau se resserrer autour de nous : des lois de
criminalisation et de fichage des opposant.e.s politiques, l’utilisation
accrue de la juridiction terroriste, tout ça ayant pour seul but de
désigner un ennemi intérieur auprès de l’opinion publique.

Pour que cette affaire ne soit pas la 1ère d’une longue liste, et que
nos camarades ne pâtissent pas plus longtemps de cette situation, nous
appelons à une large mobilisation de soutien, partout en france et à
l’international.

Si vous voulez aider, il s’avère que votre soutien serait précieux, afin
d’accélérer leur libération!

En tant que comité rennais, nous avons créé des pages sur les réseaux
sociaux, ainsi qu’un blog. Nous vous invitons à les relayer le plus
possible, à inviter vos contacts à s’y intéresser, mais aussi à vous
positionner publiquement en tant que soutiens. Par ailleurs, le 3
janvier, plusieurs militantes se sont déjà exprimées dans une tribune
(https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/050121/repression-d-etat-nous-ne-cederons-ni-au-chantage-ni-la-peur),
n’hésitez pas à la partager un maximum.

En terme de soutien financier, il existe également une cagnotte en ligne
qui a besoin d’être alimentée pour payer les frais d’avocats, qui
peuvent représenter des sommes conséquentes : (https://www.cotizup.com/soutien-8-12). Si vous en avez
la capacité, n’hésitez pas à organiser des évènements en solidarité.

Pendant toute la 1ère semaine de février, les inculpé.e.s repasseront
devant le juge d’instruction dans le cadre de l’enquête. A cette
occasion, nous appelons tout le monde à produire des banderoles et des
visuels afin de réclamer leur mise en liberté. Nous pourrons relayer vos
photos sur le blog inter-comités. La détention provisoire doit être
abandonnée, nos camarades doivent être dehors !

Plusieurs comités de soutien locaux on déjà vu le jour et nous invitons
à les multiplier, contactez-nous si vous avez besoin d’aide pour en
mettre un en place.

Enfin, pour écrire aux inculpé.e.s, vous pouvez nous envoyer vos lettres
et mots par mail, nous leur feront parvenir en les imprimant et en les
postant.

Soyons nombreux.ses et solidaires face à la répression !

Retrouvez-nous sur internet :
email : comiterennes8decembre@riseup.net
fb :
https://www.facebook.com/Comité-de-soutien-rennais-aux-inculpées-du-8-décembre-101138728633495/
insta : @comiterennes8decembre

Cagnotte de soutien aux inculpé·es

Cette cagnotte solidaire a été créée afin d’assurer une défense efficace à nos camarades en prison !

Beaucoup d’entre nous ont peu de moyens et il y a déjà du monde à soutenir, mais c’est une manière de filer la patte si vous êtes loin ou que vous ne savez pas comment aider.

Merci à celleux qui donnent !

Merci aussi à celleux qui soutiennent et en parlent !

Cette affaire ne doit pas être oubliée, trois militant·e·s sont enconre en détention provisoire dans des conditions de surveillance et d’isolement renforcées, ne les y laissons pas plus longtemps !

** Cagnotte solidaire **

On compte sur vous ✊

Nous remercions également Valeurs Actuelles pour son travail sensationnel !! x’D

L’ultragauche organise une cagnotte pour financer les frais du justice de suspects de terrorisme.