#RiseUp4Rojava : 9 années de Révolution!

#RiseUp4Rojava

Du 17 au 19 juillet, la campagne #RiseUp4Rojava appelait à mener des actions de solidarité contre le fascisme Turc à l’occasion des 9 ans du soulèvement au Rojava. Nous y avons répondu modestement, avec des affiches que nous avons dérobées au fascisme français.

Les Kurdes et leurs allié.es sont sytématiquement criminalisé.es en Europe et particulièrement en France où l’outil antiterroriste a été utilisé le 23 mars dernier à l’encontre de réfugié.es Kurde, et le 8 décembre 2020 contre des partisans de la révolution en cours au Rojava.

« Ces raids étaient aussi violents que ceux que nous avons connus en Turquie »

Pour satisfaire des intérêts géopolitiques, la France (et l’Europe) collabore avec le régime fasciste et génocidaire d’Erdogan. Au nom de l’antiterrorisme elle mène de véritables raids démesurés et particulièrement violents.

De nombreuses voix se soulèvent contre ce prolongement du fascisme Turc en France:

Halte aux Arrestations des Kurdes en France ! https://blogs.mediapart.fr/objecteurs-de-conscience-de-turquie/blog/260321/halte-aux-arrestations-des-kurdes-en-france/commentaires

L’acharnement contre les Kurdes en France doit cesser ! https://travailleur-alpin.fr/2021/04/07/lacharnement-contre-les-kurdes-en-france-doit-cesser/

Tribune des Combattantes et Combattants Francophones du Rojava http://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/files/2021/07/CCFR_ArrestationUnDesNotres.pdf

De Erdogan à Macron: L’Internationale Terroriste. http://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/files/2021/06/NiErdoganNiMacron.pdf

Solidarité avec la communauté kurde et la révolution en cours au Rojava !

#UniteInResistance #RiseUp4Rojava #RiseUp4Kurdistan #DefendKurdistan #SmashTurkishFascism

#UniteInResistance
#UniteInResistance
#UniteInResistance
#RiseUp4Rojava
#SmashTurkishFascism

9,10,11 Juillet – TOUJOURS PLUS LIBRE!

Le Comité Francilien de Soutien aux Inculpé.es du 8/12 organise l’évènement « TOUJOURS PLUS LIBRE ! Tous solidaires pour défendre nos libertés » le 9-10-11 juillet 2021.

SOUTIEN !!!!! ✊
Stop à la répression vécue et subie ces dernières années (surveillance, incarcérations, association de malfaiteurs, etc)

Entre la loi de sécurité globale et les récentes lois d’exception comme la loi Silt (état d’urgence terroriste) bientôt renforcée, nous sommes tou.s.tes concerné.es…

Le 8 décembre 2020, neuf personnes libertaires ont été la cible d’une opération politico-policière. Ils ont été perquisitionné.e.s et arrêté.e.s par la DGSI. Après plusieurs jours de garde à vue, deux sont placé.e.s sous contrôle judiciaire et cinq placé.e.s en détention provisoire dans différentes prisons d’Ile de France. Le 23 avril, après 4 mois et demi de détention, deux d’entre eux furent « libérés » Trois sont encore derrière les barreaux, dont un à l’isolement total.

Iels sont accusé.e.s de « participation à une association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ayant pour objet la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes » et de ce fait, sont encore incarcéré.e.s depuis 7 mois sur une simple présomption d’intention au conditionnel… Au vu des conditions sanitaires actuelles, l’incarcération est d’autant plus éprouvante… Sous le choc, un grand nombre de proches ont décidé d’impulser à la création de comités de soutien afin de dénoncer l’usage de l’antiterrorisme à des fins d’épuration politique et de propagande médiatique.

Nous avons décidé d’organiser ce weekend-évènement en soutien aux inculpé.es du 8/12, les caisses permettront d’aider au frais de cantinage en prison et aux proches (frais lié aux parloirs, avocats…)

Nous sommes de tout coeur avec les inculpé.e.s du 8 décembre et leur souhaitons bien du courage.

« C’est arrivé à côté de chez vous »
« Ça peut tou.s.tes nous tomber dessus »

Soyons nombreux.ses et solidaires face à la répression !

Aucun comportement ni propos sexiste, raciste, homophobe, transphobe, ou validiste ne sera toléré.


PROGRAMME :

VENDREDI 9 JUILLET
Au Lycée Autogéré de Paris – 18h-23h
393 av de Vaugirard-Paris 15ème

HOLY HOLSTER (Punk Rock Spaghetti, Paris)
STATELESS (Punk Hardcore, Mantes la Jolie)
JABUL GORBA (Tzigano Ska Punk, Mantes la jolie)
KRAV BOCA (DIY Punk Rap, Toulouse)

Entrée Prix libre
⚠️ 250 personnes, concert en intérieur, merci de respecter les distanciations sociales et le port du masque


SAMEDI 10 JUILLET
Au CRAPO 13h-21h30
14 avenue Salvador Allende à Vitry sur seine (rer D Maison Alfort, rer C Vitry sur seine)

Marché des créateurs (stands sérigraphie, céramique, atelier forge, metal, bijoux…)
Animations (conte pour enfants par L’ENJEU COLLECTIF, l’Impro Erard théâtre, tombola…)
Bouffe, cantine solidaire
Pizzas par Elza
Bar
GROOVY Moles (Blues Rock Groove)
ANOUK MATHIEU (chanson)
LES MUTANTS DE L’ESPACE (Jazz – Fonk Shit – Oriental – Groove)
Entrée Prix libre
Pas de CB, soyez prévoyants!


DIMANCHE 11 JUILLET
Au PYLOS 15h-19h
231 rue Gabriel Péri, Vitry sur Seine (rer C gare Vitry sur seine)

🎥 Projection du documentaire « Dima Punk », 62′ de Dominique Caubet, présence de la réalisatrice !! https://www.facebook.com/DimaPunkDoc/
Stands
Gâteaux, buvette
Entrée Prix libre

Merci de respecter les distanciations sociales et le port du masque sur l’ensemble du weekend

Retrouvez l’évènement et le comité francilien sur Facebouc.


Déclaration de la Délégation Internationale pour la Paix et la Liberté au Kurdistan

La Délégation internationale pour la paix et la liberté au Kurdistan a publié une déclaration concernant le Gouvernement régional du Kurdistan (KRG) qui empêche la délégation d’établir des entretiens avec des acteurs politiques du Sud-Kurdistan (Irak) dans le cadre de l’opération d’invasion turque en cours.

“Les Kurdes ont les montagnes, mais aujourd’hui ils ont aussi des amis. Tous les amis des Kurdes sont appelés à se lever, à diffuser le message et à contribuer au processus de paix, chacun faisant sa part en toute solidarité.”

Telle est la déclaration de la délégation internationale pour la paix et la liberté au Kurdistan :

Nous, en tant que délégation originaire de toute l’Europe, sommes venus au Kurdistan pour la paix et la liberté. Politiciens, universitaires, activistes des droits humains, écologistes et féministes, syndicalistes, journalistes de plus de 10 pays voulaient se faire une impression directe de la situation et se mobiliser pour mettre fin à la guerre et à la destruction. Avec 150 personnes, nous voulions établir un dialogue avec les membres du parlement, de tous les partis politiques et visiter des ONG afin de contribuer à la construction d’un dialogue entre les différents acteurs politiques kurdes.

L’invasion de l’armée turque qui enfreint les lois internationales est inacceptable. Cependant, nous sommes tristes de constater que la communauté internationale reste impassible face à celle-ci, et ne veille pas au respect du droit international et des droits humains.

Le Gouvernement régional du Kurdistan (KRG) a empêché la délégation d’établir un dialogue avec les acteurs politiques du Kurdistan du Sud. Les organisations que nous voulions visiter ont été intimidées afin qu’elles renoncent aux rendez-vous déjà programmés. Une grande partie de la délégation n’a pas pu arriver au Kurdistan. 14 personnes ont été expulsées jusqu’à présent, ou sont sur le point de l’être. Au moins 27 personnes ont été retenues à l’aéroport de Düsseldorf en Allemagne et interdites de départ.

Nous sommes scandalisés par les déportations illégales de nos amis étrangers, sur l’ordre du Gouvernement régional du Kurdistan, et par les interdictions de voyager au motif que ces personnes “semblaient être politisées”, sans fondement juridique clair. La liberté de la presse et l’engagement de la société civile sont des éléments essentiels de tout système démocratique et ne devraient sous aucun prétexte être réprimés.

Afin de promouvoir la paix, nous n’avons pas ménagé nos efforts et avons été accueillis au Kurdistan du Sud. Nous avons pu visiter des lieux culturels, religieux et historiques et avons été invités à converser avec Baba Sheikh, le plus haut représentant religieux de la communauté yézidie. Dans le camp de réfugiés yézidis de Sharya, qui a souffert d’un grand incendie il y a une semaine, nous avons parlé aux personnes qui sont particulièrement touchées par la guerre, les déplacements et la destruction. L’amitié et l’hospitalité dont nous avons fait l’expérience de la part des personnes vivant ici nous réchauffent le coeur, et nous encouragent encore plus à poursuivre notre objectif. Nous sommes ici en solidarité avec le peuple kurde et avec tous les groupes ethniques et religieux du Kurdistan.

Nous sommes des internationalistes, et ne représentons aucun parti kurde ou mouvement politique spécifique. Nous nous opposons à la colonisation du Kurdistan par les États tiers. Nous ne sommes pas ici pour nous opposer à un quelconque parti kurde. Bien au contraire, nous voulons soutenir un dialogue entre toutes les différentes opinions. Il ne s’agit pas d’un problème kurde, mais d’une agression de l’État turc et de l’armée turque contre la population locale et la nature des régions kurdes. Susciter un différend, voire un conflit armé, entre Kurdes constitue un piège et un danger pour la paix et l’avenir de l’ensemble du Moyen-Orient. Nous souhaitons vivement mettre en garde tous les Kurdes à ce sujet et appeler à l’établissement et à la poursuite du dialogue. Une solution politique doit être trouvée et il est nécessaire de rester unis contre les menaces extérieures. Par conséquent, nos demandes sont les suivantes :

  1. Toutes les personne qui ont voulu se joindre à la délégation et ont été empêchées d’embarquer, arrêtées ou expulsées dans l’un des aéroports doivent être libérées et autorisées à nous rejoindre.
  2. Tous les acteurs politiques kurdes doivent renouer le dialogue les uns avec les autres.
  3. Nous demandons à toutes les organisations internationales et aux institutions politiques de soutenir une solution pacifique. L’armée d’État turque doit se retirer immédiatement de toute la région.

    Les Kurdes ont les montagnes, mais aujourd’hui ils ont aussi des amis. Tous les amis des Kurdes sont appelés à se mobiliser, à diffuser le message et à contribuer à leur niveau au processus de paix.

Délégation internationale pour la paix et la liberté au Kurdistan
Erbil, Kurdistan du Sud, 13 Juin 2021

Publié sur ROJINFO le 13 juin 2021.

La criminalisation en Europe de la solidarité pro-kurde se perpétue. Des membres de la délégation allemande ont été arrêté.es dès leur arrivée, le 23 juin et interrogé.es par la police fédérale. D’après Secours Rouge.

La disparition forcée est une pratique du terrorisme d’État : la police colombienne a fait disparaitre des centaines de personnes en un mois

Nous publions cet artice de la blogueuse colombienne Cecilia Zamudio (disponible ici*) qui revient sur la terreur d’Etat visant à éradiquer la grève nationale contre l’exploitation et le pillage capitaliste. Le gouvernement n’a pas manqué de justifier ces horreurs par la présence, parfois supposée, de « terroristes » (membres de l’ELN) au sein du mouvement. Comme toujours, l’antiterrorisme sert d’argument morbide à un déchaînement de violence étatique.

[*Attention: vidéos et photos choquantes]

Cecilia Zamudio:

« L’artiste colombien Cizañero a réalisé ce dessin suite à l’apparition, dans un sac, de la tête coupée d’un jeune homme que la police colombienne avait fait disparaitre il y a quelques jours. Plusieurs corps de manifestants qui ont été arrêtés -et que la police colombienne a fait disparaitre- ont commencé à apparaître, flottant sur les rivières de Colombie et dans des fosses clandestines. La Colombie subit une brutale répression d’État. Le peuple colombien est en grève générale depuis plus d’un mois au niveau national, pour protester contre l’exploitation et le pillage capitalistes. Une grève que la classe bourgeoise et le capitalisme transnational prétendent stopper par la répression exercée par l’État colombien. La police procède à des milliers d’arrestations pour tenter d’étouffer la contestation sociale. Les forces répressives capturent les manifestants et vont même dans les maisons pour kidnapper les jeunes : ou pour les poursuivre en justice sous les montages judiciaires réitérés que l’État colombien utilise pour réprimer la contestation, ou pour les faire disparaître.

Les organismes de défense des droits de l’homme déclarent qu’il est très important que les personnes arrêtées tentent de crier leurs noms et prénoms et que le voisinage s’efforce de filmer les faits, pour tenter d’éviter que les personnes kidnappées par la police ne soient victimes du crime d’État de disparition forcée. Les personnes que la police a fait disparaitre depuis plus d’un mois de grève générale sont signalées par centaines (Le bureau du Défenseur a signalé 548 personnes disparues au niveau national au 7 mai, l’Unité de recherche a signalé 379 personnes disparues pour la période allant du 28 avril au 7 mai. Rien qu’à Cali, Les organismes de défense des droits de l’homme signalent 206 personnes disparues entre le 28 avril et le 20 mai). Parmi les certaines de personnes kidnappées par la police, la plupart restent « disparues » et quelques corps sans vie ont été retrouvés. Les corps de deux jeunes garçons enlevés par la police le 28 avril sont apparus au début du mois de mai flottant sur la rivière Cauca ; en mai est également apparu le corps sans vie d’un leader paysan et le corps de l’institutrice et syndicaliste Beatriz Moreno Mosquera, avec des signes de torture. D’autres corps de manifestants torturés sont également apparus, flottant sur les rivières, certains dans des fosses et d’autres démembrés dans des sacs, comme le montrent les vidéos et les photographies que la population, enregistre, horrifiée.

La disparition forcée est une pratique du terrorisme d’État que les forces répressives de l’État colombien emploient intensivement contre la population depuis des décennies, et qu’elles emploient avec un acharnement particulier pendant cette grève générale : Cette pratique sème la terreur et dévaste les familles et les communautés.

Le peuple colombien exige que l’État colombien rende les centaines de personnes disparues : ceux qu’il détient encore vivants dans les commissariats, bataillons militaires, entrepôts ou maisons clandestines de la police, qu’il les rende, et que cesse la barbarie policière de la disparition forcée. Les personnes que la police a enterrées dans des fosses communes et jetées dans les rivières continueront d’être recherchées et réclamées inlassablement par leurs familles, leurs communautés, et par tout un pays qui ne va pas permettre « la disparition des disparus ». Ils nous les ont arrachés parce que c’étaient des personnes dignes qui se sont battues pour toutes et pour tous, nous ne permettrons pas que leurs noms soient oubliés, et encore moins que leur lutte s’éteigne. Le terrorisme d’État ne réussira pas à faire taire la lutte sociale d’un peuple lassé de l’exploitation, de la précarité et du pillage capitaliste. La Colombie pleure, la Colombie souffre, mais ne se rend pas.

Les forces répressives de l’État colombien, déchaînées pour étouffer la contestation sociale par le sang et l’extermination, interviennent même sans porter d’insigne, tirant sur la population avec des 9 millimètres et des fusils de guerre, lançant des lacrymogènes périmés (ce qui les transforme en poison mortel) même directement contre les petites maisons des quartiers ouvriers, blessant et assassinant. La police continue chaque jour et chaque nuit à kidnapper des garçons pour les faire disparaître. Elle est allée jusqu’à transformer un centre commercial, à Calipso, en centre policier de tortures (l’entrepôt Éxito, propriété du groupe capitaliste français Casino et de la bourgeoisie colombienne). Le terrorisme d’État en Colombie assassine la population pour avoir protesté contre la violence structurelle qui jette des millions de personnes dans l’appauvrissement le plus cruel, pour qu’une poignée de multinationales et d’exploiteurs locaux accroissent leurs fortunes. L’or que la bourgeoisie internationale et colombienne mange dans ses assiettes « exquises » porte incrustés la douleur et le sang de tout un peuple.

Malgré la répression brutale déclenchée par l’État colombien à travers ses instruments policiers, militaires, para-policiers et paramilitaires, à plus d’un mois de grève générale au niveau national en Colombie, les mobilisations se poursuivent massivement. La classe ouvrière, qui en a assez de l’exploitation, refuse le paquet de privatisations du gouvernement de Duque, qui prétend accroitre la privatisation des retraites, de l’éducation, de la santé, refuse également une « réforme du travail » qui va entraîner une nouvelle réduction des droits du travail, refuse une « réforme fiscale » qui vise à augmenter les impôts sur la classe ouvrière, tout en accordant des exonérations d’impôts aux multinationales et à la bourgeoisie. Le peuple exige que cesse la précarisation de ses conditions de vie, que cesse la persécution politique de la part de l’État, que cessent les pulvérisations au Glyphosate, le Fracking, les concessions aux multinationales minières qui dévastent montagnes et rivières, etc. Les raisons de la mobilisation sont très profondes et percutantes : c’est ce qui explique la durée de la grève générale et la résistance populaire malgré la répression colossale.

Le régime colombien veut faire taire le peuple en l’assassinant et en le faisant disparaître, en le calomniant et en lançant des mensonges en rafale à travers les grands médias de désinformation massive; il compte sur le silence complice et le travail manipulateur des médias appartenant à la bourgeoisie locale et transnationale. Même les réseaux sociaux rendent difficiles les publications et censurent les vidéos qui témoignent de la répression génocidaire et des raisons profondes de la grève, et en plus l’État colombien bloque la liaison internet régulièrement.

Les organisations internationales ne se sont prononcées que de manière très limitée sur la répression meurtrière de l’État colombien : parce c’est un État ami de l’impérialisme étasunien et européen, qui possibilite le plus grand pillage des ressources de la Colombie, précisément par le biais de l’extermination. Ils prétendent étouffer le cri d’un peuple. Mais ils n’y parviennent pas : le régime génocidaire, au service du plus grand pillage capitaliste de la Colombie, ne peut rien contre le peuple uni. Il ne parvient pas à étouffer la grève, ni par le terrorisme d’État, ni par le matraquage de mensonges.

Le peuple colombien vient d’accomplir un mois de grève générale nationale, avec beaucoup de solidarité entre la classe ouvrière, avec beaucoup d’organisation et de courage. L’organisation et solidarité de la classe ouvrière s’exprime dans les des barrages de routes comme la Panaméricaine, les blocages de grands ports comme le port de Buenaventura, les blocages des voies d’extraction par lesquelles les multinationales acheminent les immenses richesses de la Colombie vers leurs cargos de pillage (comme dans la plus grande mine de charbon à ciel ouvert du monde, El Cerrejón), la grève de camionneurs, les manifestations de masse, les créations et ateliers artistiques, les ateliers productifs populaires, les marchés paysans solidaires, les rencontres, les assemblées, La Minga indigène, afro et paysanne, les marmites communautaires, les « Mamás Capucha » (mamans cagoule), les combats de rue pour défendre le droit de manifester contre les assauts de la police, les brigades médicales, les brigades pédagogiques, la première, deuxième et troisième lignes, etc.  La grève continue parce que la classe ouvrière exige des conditions de vie décentes.

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Les chiffres de la répression brutale déclenchée par l’État colombien contre le peuple en grève générale :


• Plus de 70 manifestants ont été assassinés par la police, l’ESMAD, les militaires et les paramilitaires en coordination avec la police en un mois. 52 manifestants assassinés par la police entre le 28 avril et le 20 mai, selon l’organisation Defender la Libertad. Et plusieurs personnes assassinées par des agents infiltrés de la police opérant sans uniforme, ou des policiers en uniforme opérant en collaboration avec des paramilitaires.

• Des centaines de personnes ont été victimes de disparition forcée, un crime d’État contre l’humanité. Les personnes que la police a fait disparaitre en un mois de grève générale sont signalées par centaines. Le bureau du Défenseur a signalé 548 personnes disparues au niveau national jusqu’au 7 mai. L’Unité de recherche, après avoir reçu les plaintes et compilations de 26 organisations sociales, a remis ses statistiques pour la période du 28 avril au 7 mai : 379 manifestants seraient portés disparus jusqu’à cette date. Rien qu’à Cali, des organisations de défense des droits humains tels que Les « Rechercher Pour les Trouver » signalent 206 personnes disparues entre le 28 avril et le 20 mai.

• Des milliers de personnes ont été blessées par les actions de la police et d’autres forces répressives. Des dizaines de personnes ont eu leurs yeux mutilées par la police (Temblores a signalé 39 victimes de lésions oculaires au 20 mai).

Des dizaines de défenseurs des droits de l’homme agressés.

• Au moins 21 femmes victimes de violences sexuelles commises par la police. On a seulement connaissance des cas qui ont pu être signalés (rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme Temblores, au 20 mai).

• Des milliers de personnes sont détenues, en grande partie par des procédures arbitraires, et soumises à la torture et à des traitements cruels et inhumains.

• 2905 cas de violences policières entre le 28 avril et le 20 mai (Temblores).

• De même, la poursuite de l’Extermination perpétrée par les forces répressives (officiers et para-officiers) contre les organisations sociales, s’est poursuivie pendant la grève : entre le 28 avril et le 18 mai, 9 leaders sociaux ont été assassinés et 2 anciens guérilleros des Farc qui avaient participé à l' »Accord de paix »). De plus, 9 personnes ont été massacrées par les forces répréssives, le 31 mai à Algeciras, Huila, dans une ferme appartenant à la famille d’un ex-guérillero des farc. Un génocide planifié depuis les plus hautes sphères, suit son cours. »

Malfaiteurs de tous les pays, unissons-nous!

Texte publié par le RAJCOL (Réseau d’Autodéfense Juridique COLective) à l’occasion du procès des opposant.es à CIGEO:

Renforçons nos solidarités face à la police, la prison et la justice

Le 20 juin 2018, le village de Bure se réveillait avec près de 200 gendarmes déployés, l’arrestation de 8 personnes et la perquisition de 11 lieux de vie et d’organisation de la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires. Le procès se tiendra le 1er, 2 et 3 juin prochains. Les personnes arrêtées sont accusées de former une « association de malfaiteurs », accusation fourre-tout, à la fois très lourde de conséquences en termes de peine (jusqu’à 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende) et dont l’usage est éminemment politique.

Un objectif clair : écraser la lutte

La mobilisation du délit d’association de malfaiteurs vise explicitement à terroriser, à défaire les liens, et à dissuader les opposant.es de s’engager. Le champ d’application contemporain de l’association de malfaiteurs élargit la notion « d’association », permettant ainsi une criminalisation de masse. Ainsi, comme le soulignent des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure : « Prêter sa voiture, participer à l’achat de tissu avant une manifestation, avoir ses empreintes sur une bouteille plastique, son ADN sur une écharpe, être co-propriétaire ou co-gérant·e d’un lieu collectif où sont trouvées des fusées d’artifice, etc. tout devient présomption de culpabilité, de complicité, et donc de participation à une Association de Malfaiteurs. Nourrir, accueillir, loger, mettre à disposition des moyens de communication (téléphone, internet, photocopieur, etc.) dans un lieu privé ou collectif relève directement de l’Association de Malfaiteurs, si les personnes accueillies prennent part, ailleurs, à des manifestations où sont commis des actes délictueux ».

Ce qui s’est passé à Bure n’est pas anodin. Et d’ailleurs les questions posées lors des auditions et les moyens de l’enquête mobilisés ne laissent aucun doute : l’objectif est clairement de s’en prendre aux structures qui permettent à nos luttes de vivre et de se défendre, à toutes ces petites ou grandes solidarités qui font vivre nos luttes. À travers les personnes arrêtées, et les questions posées, ce sont en effet les outils collectifs que représentent le soutien juridique, les groupes de soin ou encore les groupes d’automedia qui sont visés.

On se rappelle à ce titre de la fermeture du site Linksunten Indymedia en Allemagne en 2017 après le flamboyant G20 à Hambourg, et des menaces d’interdiction adressées à Indymedia Grenoble en France après la publication de revendications d’actions. L’offensive de l’État vise à détruire les réseaux d’entraide, de soutien et de communication, tout en faisant planer un climat de peur au-dessus de toutes celles et ceux qui s’organisent politiquement, ou qui se montrent simplement solidaires des luttes. À peu de choses près la même stratégie que pour les manifestations : terroriser, par la peine de prison, ou par la menace de la blessure ou de la mutilation, pour dissuader de se joindre à la lutte.

L’utilisation de l’association de malfaiteurs a une histoire, réactualisée à chaque nouvelle affaire : elle a déjà servi à fragmenter des réseaux de lutte et d’amitié grâce à des constructions policières fomentées par les services de renseignement. En janvier 2008, c’était l’affaire dite «des mauvaises intentions » qui envoyait plusieurs personnes en détention, accusées d’avoir fabriqué des engins explosifs (en l’état, des fumigènes artisanaux et des crève-pneus) alors qu’elles se rendaient à une manif au CRA de Vincennes. C’est alors l’association de malfaiteurs à caractère terroriste qui est mobilisée, tout comme à l’encontre des 9 de Tarnac, en 2009, accusé.es d’avoir endommagé des caténaires avec des crochets posés sur les lignes TGV. Le procès signera la défaite retentissante, pour un temps, de la mobilisation de l’antiterrorisme à l’encontre de militants. Les fois suivantes, c’est donc la seule association de malfaiteurs qui est mobilisée : à Rennes en 2016, pendant la loi Travail, contre des actions de sabotage de composteurs de métro à l’aide de mousse expansive ; à Briançon en juillet 2018 pour suspicion d’aide à l’entrée de personnes en situation irrégulière, dans le cadre d’une mobilisation entre l’Italie et la France contre Génération Identitaire ; à Lyon, le 13 novembre 2018 contre une action antifasciste de construction d’un mur en parpaings devant l’entrée du Bastion Social, à Bordeaux dans le cadre des Gilets Jaunes, le 7 décembre 2019, avec l’arrestation de 16 personnes accusées de fomenter des actions violentes dans un « appartement conspiratif » (l’enquête sera entièrement annulée en mars 2021, les avocat.es ayant pu démontrer l’illégalité de la perquisition). En septembre 2020, à côté de Grenoble, 6 personnes sont arrêtées de nuit près de jardins collectifs, accusées d’avoir voulu monter une ZAD, ou d’être, peut-être, à l’origine des incendies qui illuminent la région depuis quelques années. Les mises en examen pour association de malfaiteurs sont annulées en avril 2021. Plus récemment, l’affaire dite du 8 décembre 2020 reprend le qualificatif d’association de malfaiteurs terroriste à l’encontre de plusieurs personnes arrêtées à Toulouse, Rennes, Vitry-sur-Seine et Cubjac, soupçonnées d’avoir prévu des actions violentes contre les forces de l’ordre, avec comme toile de fond le soutien à la lutte des Kurdes…

Quand le moyen contient la fin

À l’approche du procès, on pourrait être tenté de considérer ce qui va se dérouler le 1er, 2 et 3 juin comme le moment-phare, l’instant de dévoilement, l’aboutissement de toute cette procédure. Ce serait manquer quelque chose : le plus important s’est sans doute déroulé, pour le pouvoir, durant ces presque trois années, de 2018 à aujourd’hui.

Les moyens d’enquête considérables que permet l’instruction sous le motif d’association de malfaiteurs ont ainsi servi leur but : permettre aux services de police d’amasser un savoir considérable (même si toujours désincarné) sur ceux et celles qui osent défier la sainte trinité du Nucléaire en France.

À Bure, 29 personnes ont été mises sur écoute, 765 numéros de téléphone ont fait l’objet de demandes de vérification d’identité, 85.000 conversations et messages ont été interceptés, cumulant plus de 16 ans de temps de surveillance téléphonique, 118 personnes ont été fichées dans un organigramme type ANACRIM (logiciel d’analyse criminelle mobilisé dans l’affaire du petit Grégory), 25 perquisitions ont été menées, pour un total d’exactement 20.164 pages de dossier d’instruction.

Avant le verdict, la peine a déjà été appliquée : interdiction de se voir, interdiction de séjour, interdiction de communication, interdiction dans les faits de manifester, contrôles judiciaires contraignants, voire incarcération. Des liens disloqués, une intrusion insupportable dans l’intimité de dizaines de personnes…. Des personnes mises en examen faisaient le parallèle en avril 2020 entre le confinement imposé à toute la population française et leur situation :

« Ne pas avoir le droit de voir des amis. Leur faire courir un risque grave si on essayait malgré tout. C’est la douloureuse réalité de dizaines de millions de personnes depuis plus d’un mois. C’est la nôtre depuis bientôt deux ans. Deux ans, rien que ça, mais sans apéros en visioconférence et sans coup de fil pour savoir si ça va. Rien que des bribes de nouvelles qui passent de proche en proche : « X a pas mal déprimé ces derniers mois mais ça va mieux, tu lui manques », « Y s’est marié, tu ne savais pas ? », « Z vient d’être rajouté au dossier, tu ne peux plus lui parler non plus, je suis désolée ». Des choses comme ça, abstraites, désincarnées. »

(Extrait de la tribune Pour que cesse le confinement de notre lutte et de nos amitiés)

La solidarité est notre arme !

Et pourtant, la lutte ne s’est pas éteinte, et la solidarité n’a pas disparu. Personne n’a rendu les armes, et le procès sera l’occasion d’inviter des centaines de nouvelles personnes dans la lutte.

Nous sommes des collectifs de soutien juridique et de lutte contre la répression, situés un peu partout en France. Au quotidien, nous luttons, avec un réseau d’avocat.es engagé.es, à contrer l’individualisation des responsabilités et des peines, à se redonner du pouvoir face à la machine judiciaire qui nous veut impuissant.e.s et dociles. À créer des liens là où ils nous voudraient isolé.es.

Si les gouvernements successifs semblent s’évertuer à criminaliser les formes les plus élémentaires de solidarité, en poussant vers la prison des personnes qui ne font que résister légitimement à l’inacceptable (à travers le « délit de solidarité » notamment) et en menaçant de représailles tout·es celles et ceux qui refusent de déserter les rues et les luttes, qu’ils ne se détrompent pas : aucun État, même les plus totalitaires, n’a jamais eu et n’aura jamais raison de cette solidarité instinctive, de cet élan qui est au cœur du fait même de lutter.

Les liens qui unissent toutes celles et ceux qui se soulèvent sont intouchables.

Tous et toutes à Bure le 1er juin !