Libre Flot : 16e jour de grève de la faim

Dernières nouvelles du copain en grève de la faim.

Après 16 jours de grève de la faim, le copain est toujours en « bonne santé », physiquement et moralement il tient le coup. Après 15 mois à subir l’isolement carcéral, après avoir épuisé les recours juridiques, il est déterminé et tourné vers l’avenir.

La prison a essayé au début de lui faire sauter ses parloirs, mais grâce à ses avocat.es cela n’a pas eu lieu. Il peut donc jouir de ses droits à voir ses proches, deux fois par semaine, dans des parloirs prolongés (1h30).

Il a pu aussi avoir comme médecin référente une personne de confiance. Il la voit 4 fois par semaine, dont deux fois dans sa cellule et deux fois dans le cabinet. En cas de grève de la faim, l’AP (adm. pénit.) est tenue de respecter un protocole strict.

Autre détail important pour toute personne détenue: les plexiglass ont enfin sauté à la prison de Bois d’Arcy, un réel soulagement pour tout le monde, car pouvoir sentir et toucher ses proches, c’est aussi ça la dignité humaine.

Pour plus de nouvelles, hésitez pas à relire les nouvelles au Jour6 et au Jour11, et à suivre régulièrement les blogs https://soutien812.net et https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org

On rappelle aussi que à lui seul, il n’arrivera pas à faire bouger ces tortionnaires en campagne électorale. Son état va s’aggraver très vite, et plus le soutien se manifestera au dehors, massivement et spectaculairement, moins sa santé n’en sera effectée à long terme.

Force à toi Libre Flot!

Solidarité à toutes les personnes en lutte contre le régime inhumain!

Soutien aux grèvistes de la faim: CRA de Vincennes, CGT Total – Donges, Nani aux Baumettes!

Pour la Vie.


Rappel: Libre Flot est mis en examen dans l’affaire du 8 décembre, jour où 9 libertaires et militant.es ont été arrêtés lors d’une vaste opération politique visant à assimiler l’idée de révolution sociale au terrorisme. Tous.tes les inculpé.es ont été placés en détention provisoire (en régime DPS) durant de longs mois, mais ont finit par sortir sous contrôle judiciaire.

Cependant pour Libre Flot, fantasmé par la DGSI en meneur, et surtout puni pour son engagement volontaire contre l’Etat Islamique aux côtés des Unités de Défense du Peuple (YPG) au Rojava, il subi le régime d’isolement depuis 15 mois, dont les conditions s’apparentent à la torture blanche et l’empêchent de se défendre correctement. Voir ses lettres ici.

Depuis des décennies, l’Union Européene soutien le régime génocidaire d’Erdogan et criminalise la diaspora kurde. En plus de vendre des armes de guerres à ce régime et de donner des milliards d’euros pour que la Turquie empêche les exilé.es d’arriver aux portes de l’Europe (ce qui se traduit par encore plus d’achats d’armes), l’Union Européenne utilise la répression des opposant.es à Erdogan comme monnaie d’échange diplomatique, prétextant des « liens avec le PKK [Parti des Travailleurs du Kurdistan] » pour leur appliquer la répression antiterroriste.

Une campagne internationale a été lancée, « Justice for Kurds« , pour faire supprimer de la liste des organisations terroristes le PKK, groupe d’autodéfense armé et légitime du peuple kurde face à l’invasion de la Turquie. Malgré cela, partout en Europe, les militant.es kurdes et pro-kurdes continuent d’être traités en terroristes.

C’est le cas de notre ami Libre Flot. Comme il l’explique dans son communiqué du 27 février « Pourquoi je fais la grève de la faim » :

« J’ai récemment appris de la bouche même du directeur des détentions de la maison d’arrêt des Yvelines (Bois d’Arcy), que je remercie pour sa franchise, que mon placement et mon maintien à l’isolement étaient décidés depuis le premier jour par des personnes très haut placées et que quoi je dise ou que lui-même dise ou fasse, rien n’y ferait, que cela le dépasse, le dossier ne sera même pas lu et je resterai au quartier d’isolement et que de toute façon rien ne pourrait changer avant les élections présidentielles. »

A l’heure où les médias français chantent les louanges des volontaires ayant rejoint la lutte armée en Ukraine, il ne fait aucun doute que le tri entre bons volontaires (apolitiques et extrême-droite) et potentiels terroristes (gauche radicale) sera fait de la même manière que le relatent le CCFR (Combattantes et Combattants Francophones du Rojava) dans leur tribune de soutien à Libre Flot : L’Arrestation de l’Un des Nôtres.

A ce jour, le maintien a l’isolement vient d’être renouvelé par Dupont-Moretti (le jeudi 10 mars), et le juge d’instruction Jean-Marc Herbaut continue d’utiliser son influence pour faire refuser les demandes de mise en liberté (DML) pourtant appuyées par un avis favorable des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP).

 

Comme nous avons tenté de l’expliquer, la logique de l’antiterrorisme est de s’étendre à l’ensemble des dissidences (anarchistes, écologistes, féministes, etc.) nécessaires pour la lutte contre un ordre mondial capitaliste, colonial, patriarcal et écocidaire.

 

Organisations politiques, syndicales, collectifs en lutte, camarades et ami.es, nous vous encourageons à témoigner de votre soutien par tous les moyens.

 

Pour le droit à se défendre, pour la dignité humaine,

STOP A L’ACHARNEMENT CARCERAL!

ABOLITION DES QUARTIERS D’ISOLEMENT ET DES MITARDS!

SOUTIEN AUX INCULPE.ES DU 8 DECEMBRE!

LIBERTE POUR LIBRE FLOT!

 

De minables tortionnaires : l’isolement reconduit par Dupont-Moretti

Ce jeudi 10 mars, Dupont-Moretti, cette honte pour toute la magistrature, a prolongé pour des raisons politiques la torture blanche que subit le militant Libre Flot, en grève de la faim depuis 15 jours et à l’isolement depuis 15 mois.

Dupont-Moretti et Jean-Marc Herbaut, vous qui êtes responsables de l’enfermement de Libre Flot, vous qui usez de votre pouvoir d’hommes corrompus pour briser un opposant politique, vous vous salissez devant l’Histoire tels de minables tortionnaires.

 

A celleux qui luttent pour un monde meilleur,

ne laissons pas Libre Flot seul face à la répression!

Il a besoin de votre soutien maintenant: collages, tags, tractage, banderoles, maintenons la pression!


– Une lente agonie, L’Envolée n°4, janvier 2002 –

« Il m’est souvent arrivé de comparer les conséquences de la mise à l’isolement au travail produit par les vagues contre les massifs rocheux qui se dressent sur le bord de mer. Les vagues vont et viennent, butant contre les falaises, dans un mouvement incessant. Et de temps à autre, sans trop que l’on sache quand, tout ou partie de la falaise s’affaise, disparait dans les fonds marins. L’océan finit toujours par avoir raison des parois rocheuses, quelle que soit leur nature, leur solidité. Il en est ainsi pour les détenus.

Chaque instant passé à l’isolement est un instant qui marque de façon indélébile la personne détenue, l’agresse, la meurtrit. Et, bien souvent, bien trop souvent, l’isolé finit par craquer, par s’affaisser. Seuls résistent ceux et celles qui sont mus par la haine. Mais cette terrible résistance ne sert qu’à survivre, à éviter le pire. Mais la haine se trouve avant tout dans l’esprit de celui qui prend la décision de mettre et de maintenir des personnes à l’isolement carcéral. Une haine blanche, bien souvent non perceptible sous le masque lisse d’un magistrat ou d’un directeur de prison. La haine guidant la main qui, d’une simple signature, condamne un détenu à plonger dans le gouffre sans fond d’une lente agonie.

L’isolé est un spectateur assistant au spectable de sa propre mort. »

Libre Flot : Des nouvelles au 11ème jour

Il ne consomme que de l’eau et du thé, il a cantiné des kubor et des jus de fruits pour completer et avoir des apports nutritionnels. Il refuse systematiquement les plateaux repas qui lui sont apporté chaque jour. Nous avons pu lui transmettre des conseils pour tenir.

Il a eu dès le premier jour la visite du directeur de la prison, depuis il a des rendez vous régulier avec une medecin qui prend sa tension, verifie son poids etc… son rythme cardiaque a diminué de moitié, il a donc décidé d’arreter de faire du sport (c’est à dire marcher sur un tapis) depuis le 9 mars et de sortir en « promenade » (une cage de 20m2 sur les toits de la taule) à cause du froid.

Son moral va bien, malgré les conditions de l’isolement qui continuent de l’affecter. Il souhaite nous rassurer sur son état de santé actuel et son moral.

Lors du rassemblement de soutien du mercredi 9 mars à Toulouse Libre Flot nous a laissé un message que nous restranscrivons ici :

« Salut à tous,

Aujourd’hui le 9 mars 2022 à 18h j’entame tout juste mon 11eme jour de grève de la faim. C’est en tant que militant politique, en tant qu’anarchiste, et surtout en tant qu’humain que j’ai rejoins mes frères, mes soeurs au Rojava en 2017 dans leur lutte contre Daech et pour leur projet émancipateur, oeuvrant pour une réelle démocratie, la liberation des femmes et la protection de l’écologie. C’est cette identité politique et cette experience qu’on cherche à criminaliser depuis mon retour, en créant de toute piece une figure de leader charismatique fanatisé semblable aux cauchemardesques terroristes daechiens au mépris du joyeux déconneur que je suis.

Certes toutes ces écoutes, ces filatures, ces surveillances ont revelé mes infractions à la loi, qui n’en a pas? Je les assume et elles n’ont rien à voir avec du terrorisme. Cette grève de la faim est devenu mon seul moyen de me faire entendre. Je ne demande même pas que cette mascarade soit classé sans suite mais uniquement qu’aprés 15 mois d’isolement je puisse être mis en liberté comme mes co-inculpés, que s’arrete enfin cette torture. Je vous remercie du fond du coeur de votre soutien, salutations et respect. Serkeftin. »

Libre Flot : 6ème jour de grève de la faim

Nous avons eu des nouvelles au 6ème jour de grève de la faim. La prison a essayé de faire supprimer son parloir, mais il fut maintenu grâce à la pression de ses avocat.es. Le copain va bien pour l’instant. Il ne subit plus l’isolement passivement et cela renforce son moral. Il est déterminé.

Ce texte de soutien internationaliste a été initialement publié sur Solidaritytodecember8.

Cela fait six jours que notre camarade a commencé la grève de la faim. Il l’a fait au début de l’invasion de l’Ukraine en sachant très bien que cette information serait noyée dans les nouvelles de la guerre. Que tous les efforts seraient concentrés sur le soutien à la résistance en Ukraine et aux personnes qui fuient ce pays. C’est incroyable tout le soutien que l’Ukraine reçoit, même s’il s’accompagne aussi de lacunes et de contradictions : ambiance raciste et visions nationalistes de l’avenir, pour n’en citer que deux. Notre camarade soutiendrait de la même manière les personnes qui luttent pour la liberté. Il est à l’isolement, la méthode utilisée par l’État pour nous priver de contacts et de communication avec le reste du monde. Il a besoin de nous de la même manière que nous avons besoin les uns des autres, nous ne pouvons jamais gagner seuls. Une personne avec son corps peut résister à la répression de l’État, mais sans le pouvoir que nous avons à l’extérieur, sa voix ne sera pas entendue.

Voici quelques actions que vous pouvez faire pour le soutenir.

1. Faire des actions de soutien contre l’ambassade de France là où vous habitez.

2. Envoyez des emails à l’ambassade.

  • discom.sg@justice.gouv.fr
  • presse-justice@justice.gouv.fr
  • secretariat-presse.cab@justice.gouv.f

3. Écrivez des articles à ce sujet et diffusez-les partout ou diffusez les informations du blog.

Nos luttes quotidiennes soutiennent également notre camarade emprisonné et même si nous ne croyons pas au système judiciaire français, il est bon de s’assurer qu’ils soient conscients que nous savons ce qui se passe.


L’email pourrait ressembler à quelque chose comme ceci :

A qui de droit,

Le 27 Février dernier, une personne emprisonnée et à l’isolement à Bois D’Arcy a entamé une grève de la faim. Je suis sûr que vous êtes maintenant au courant. Vous pensez peut-être qu’en raison de l’invasion de l’Ukraine, personne ne prêtera attention à une personne mourant de faim entre les murs de votre complexe pénitentiaire. Que personne ne parle ou ne partage avec le monde ce qui se passe. Vous avez tort. Si vous isolez quelqu’un sur la base d’accusations de terrorisme mais que vous ne pouvez fournir aucune preuve et que vous n’avez aucune raison de le garder, si ce n’est qu’il aurait « une personnalité charismatique », vous ne serez pas pris au sérieux aux yeux du peuple. La mort de cette personne sera du sang sur vos mains. Comment allez-vous expliquer cela à sa famille ? Comment allez-vous le justifier publiquement par la suite ? Si vous pensez que prendre ces mesures avant les élections vous apportera des voix et montrera votre force, je peux vous dire maintenant que les mères des soldats russes tués en envahissant l’Ukraine ne voient pas la force de Poutine. Elles voient leurs propres enfants sacrifiés comme des pions dans les jeux politiques des États-nations. J’écris ceci pour partager cette perspective. Vous êtes déjà au courant de ces choses. La question qui est discutée en ce moment est probablement de savoir à quel point sa mort passerait inaperçue. Si vous pouvez répondre à la pression de cette personne qui donne sa vie pour la liberté. Considérez ceci. Le laisser rentrer chez lui ne signifie probablement pas que l’enquête va cesser, il n’y a pas à ce stade de vision d’un changement de société. Donc, si les interrogatoires n’ont rien donné jusqu’à présent, et que toutes les autres personnes dans cette affaire sont déjà libérées, il n’y a rien à gagner à le garder, par principe, jusqu’à sa mort, mais tout à perdre.

Salutations,

 

« POURQUOI JE FAIS LA GRÈVE DE LA FAIM » – Libre Flot

Translations in other languages on Solidaritytodecembre8.

 

Cela fait plus de 14 mois que la DGSI m’a expliqué que je n’étais pas arrêté pour ce qu’elle voulait me faire croire, à savoir mon engagement auprès des forces kurdes contre Daech au Rojava.

Cela fait plus de 14 mois que rien ne valide la thèse élaborée de toutes pièces par la DGSI alors même que pendant au moins 10 mois j’ai été suivi, tracé, sous écoute 24 heures sur 24 dans mon véhicule, mon lieu de vie, espionné jusque dans mon lit.

Cela fait plus de 14 mois que je comprends que ce sont mes opinions politiques et ma participation aux forces kurdes des YPG dans la lutte contre Daech qu’on essaie de criminaliser.

Cela fait plus de 14 mois qu’on reproche une association de malfaiteurs à 7 personnes qui ne se connaissent pas toutes les unes les autres.

Cela fait plus de 14 mois à répondre aux questions d’un juge d’instruction utilisant les mêmes techniques tortueuses que la DGSI : la manipulation, la décontextualisation, l’omission et l’invention de propos et de faits afin de tenter d’influencer les réponses.

Cela fait plus de 14 mois que je subis les provocations de ce même juge d’instruction qui, alors que je croupis dans les geôles de la République, se permet de me dire que cette affaire lui fait perdre son temps dans la lutte contre le terrorisme. Pire encore, il se permet la plus inacceptable des insultes en se référant aux barbares de l’État islamique comme étant mes« amis de chez Daech ». Bien que verbal, cela reste un acte inouï de violence. C’est inadmissible que ce juge s’octroie le droit de m’injurier au plus haut point, tente de me salir, et crache ainsi sur la mémoire de mes amis et camarades kurdes, arabes, assyrien.ne.s, turkmènes, arménien.ne.s, turc.que.s et internationaux.les tombé.es dans la lutte contre cette organisation. J’en reste encore aujourd’hui scandalisé.

Cela fait plus de 14 mois d’une instruction partiale où contrairement à son rôle le juge d’instruction instruit uniquement à charge et jamais à décharge. Il ne prend pas en considération ce qui sort du scénario préétabli et ne sert qu’à valider une personnalité factice façonnée de A à Z par la DGSI, qui loin de me représenter ne reflète que les fantasmes paranoïaques de cette police politique. Ainsi, je suis sans cesse présenté comme « leader charismatique » alors même que tout mode de fonctionnement non horizontal est contraire à mes valeurs égalitaires.

Cela fait plus de 14 mois que sans jugement on m’impose la détention dite provisoire que je subis dans les plus terribles conditions possibles : le régime d’isolement (voir les lettres de mars 2021 et juin 2021) considéré comme de la « torture blanche » et un traitement inhumain ou dégradant par plusieurs instances des droits humains.

Cela fait plus de 14 mois que je suis enterré vivant dans une solitude infernale et permanente sans avoir personne à qui parler, à juste pouvoir contempler le délabrement de mes capacités intellectuelles et la dégradation de mon état physique et ce, sans avoir accès à un suivi psychologique.

*

Après avoir sous des airs faussement neutres fourni à l’administration pénitentiaire des arguments fallacieux pour s’assurer de mon maintien à l’isolement, le juge d’instruction demande le rejet de ma demande de mise en liberté, tout comme le parquet national antiterroriste. Pour ce faire, ils reprennent presque en copier / coller le rapport de la DGSI du 7 février 2020, base de toute cette affaire dont nous ne savons pas d’où viennent les informations et dont la véracité n’a pas été démontrée. On est en droit de se demander à quoi ont servi les écoutes, les surveillances, les sonorisations et ces deux ans d’enquête judiciaire et d’instruction puisque sont occultés les faits qui démontrent la construction mensongère de la DGSI.

Le parquet national antiterroriste et le juge d’instruction n’ont de cesse d’essayer d’instiller la confusion et de créer l’amalgame avec des terroristes islamistes alors même qu’ils savent pertinemment que j’ai combattu contre l’État islamique, notamment lors de la libération de Raqqa, où avaient été planifiés les attentats du 13 novembre.

Le juge d’instruction prétend craindre que j’informerais des personnes imaginaires de ma situation alors que celle-ci est publique notamment parce que la DGSI ou le PNAT eux-mêmes ont fait fuiter l’information dès le premier jour. Il prétend ainsi empêcher toute pression sur les témoins, les victimes et leurs familles alors même qu’il n’y a ni témoin, ni victime puisqu’il n’y a aucun acte. C’est ubuesque. Est aussi évoquée sa crainte d’une concertation entre coinculpé.es et complices même si toutes et tous les coinculpé.es ont été mis.es en liberté, qu’il n’a plus interrogé personne d’autre que moi depuis octobre 2021, et que j’ai attendu patiemment qu’il ait fini de m’interroger pour déposer cette demande de mise en liberté.

Il aurait pu être comique dans d’autres circonstances de constater l’utilisation à charge de faits anodins comme : jouir de mon droit à circuler librement en France et en Europe, de mon mode de vie, de mes opinions politiques, de mes pratiques sportives, de mes goûts pour le rap engagé ou les musiques kurdes.

Le juge d’instruction s’en prend à ma mère en la désignant comme n’étant pas une garantie valable pour la simple raison qu’elle n’a pas empêché son fils âgé de 33 ans à l’époque de rejoindre les forces kurdes des YPG dans la lutte contre Daech. Encore une fois, c’est ma participation dans ce conflit qu’on criminalise. Il lui reproche également l’utilisation d’applications cryptées (WhatsApp, Signal, Télégram…) comme le font des millions de personnes en France. Enfin, il dénigre tout d’un bloc toutes les autres options de garanties (travail, hébergement…) sans rien avoir à leur reprocher alors même que les personnels du SPIP dont c’est le métier ont rendu un avis favorable.

*

Comment alors comprendre qu’après avoir ordonné ces enquêtes de faisabilité signifiant la possibilité de me remettre en liberté avec bracelet électronique, le juge des libertés et de la détention malgré le rendu refuse ensuite de la mettre en place ? Nous sommes nombreux et nombreuses à constater que dans toute cette affaire la « justice » viole ses propres lois et est soumise à l’agenda politique de la DGSI.

J’ai récemment appris de la bouche même du directeur des détentions de la maison d’arrêt des Yvelines (Bois d’Arcy), que je remercie pour sa franchise, que mon placement et mon maintien à l’isolement étaient décidés depuis le premier jour par des personnes très haut placées et que quoi je dise ou que lui-même dise ou fasse, rien n’y ferait, que cela le dépasse, le dossier ne sera même pas lu et je resterai au quartier d’isolement et que de toute façon rien ne pourrait changer avant les élections présidentielles.

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Puisque l’on cherche à criminaliser les militants et militantes ayant lutté avec les Kurdes contre Daech,

Puisque l’on utilise la détention soi-disant provisoire dans le but de punir des opinions politiques,

Puisque cette histoire n’existe qu’à des fins de manipulation politique,

Puisqu’aujourd’hui on ne me laisse comme perspective que la lente destruction de mon être,

Je me déclare en grève de la faim depuis le dimanche 27 février 2022 à 18 heures, je ne réclame à l’heure actuelle que ma mise en liberté en attendant de démontrer le côté calomnieux de cette honteuse accusation.

Libre Flot.